PER : comment ça marche et faut-il en ouvrir un ?
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de se constituer un complément de revenus pour la retraite, tout en réduisant ses impôts aujourd'hui. En contrepartie, l'épargne est en principe bloquée jusqu'à la retraite. Voici les règles, sans zone d'ombre, pour savoir si c'est fait pour vous.
1. Le PER, c'est quoi ?
Créé par la loi PACTE (2019), le PER a remplacé les anciens produits d'épargne retraite (PERP, contrat Madelin, article 83, Perco). Il existe sous trois formes : le PER individuel (que vous ouvrez vous-même), le PER collectif et le PER obligatoire (proposés par l'entreprise). Votre épargne y est investie sur un fonds en euros (sécurisé) et/ou des unités de compte (potentiel de rendement supérieur, mais risque de perte en capital), et les anciens contrats peuvent y être transférés.
2. L'avantage fiscal à l'entrée
C'est le principal atout : les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel (indiqué sur votre avis d'imposition, ligne « Plafond épargne retraite »). L'économie d'impôt est proportionnelle à votre tranche marginale d'imposition (TMI) : plus vous êtes imposé, plus la déduction est intéressante.
3. À la retraite : capital ou rente
Au moment de la retraite, vous choisissez la forme de sortie — c'est une des grandes nouveautés du PER :
- en capital, en une ou plusieurs fois (jusqu'à 100 %) ;
- en rente viagère (un revenu régulier à vie) ;
- ou un mélange des deux.
Point important à connaître : l'avantage fiscal obtenu à l'entrée n'est pas « gratuit ». À la sortie, la part correspondant à vos versements déduits est imposée. Le PER fonctionne donc comme un report d'imposition : il est d'autant plus avantageux que votre imposition sera plus faible à la retraite qu'aujourd'hui.
4. Une épargne bloquée (avec des exceptions)
Soyons clairs : l'argent placé sur un PER est bloqué jusqu'à la retraite. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé prévus par la loi :
- l'achat de votre résidence principale (une nouveauté du PER) ;
- l'invalidité (vous, votre conjoint ou un enfant) ;
- le décès de votre conjoint ou partenaire de PACS ;
- la fin de vos droits au chômage ;
- le surendettement ;
- la cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
5. Pour qui c'est vraiment intéressant
Le PER a du sens si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :
- vous êtes imposé à 30 % ou plus : l'économie d'impôt à l'entrée est significative ;
- votre départ à la retraite est encore loin : l'épargne bloquée pose moins de contraintes ;
- vous anticipez une baisse de revenus (et d'impôts) à la retraite ;
- vous voulez préparer un complément de revenus de façon régulière.
À l'inverse, si vous êtes peu imposé ou si vous pourriez avoir besoin de cette épargne à court terme, d'autres solutions (comme l'assurance vie) sont souvent plus adaptées. C'est exactement le genre d'arbitrage qu'on fait ensemble.
Le PER est-il fait pour vous ?
On calcule votre économie d'impôt potentielle et on regarde si c'est la bonne solution.
Questions fréquentes
Puis-je récupérer mon argent avant la retraite ?
En principe non : l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite. La loi prévoit toutefois des cas de déblocage anticipé, notamment l'achat de la résidence principale et les accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire).
Le PER réduit-il vraiment mes impôts ?
Oui à l'entrée : les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond. Mais l'imposition intervient à la sortie sur la part déduite : c'est un report d'imposition, surtout avantageux si votre TMI est plus faible à la retraite qu'aujourd'hui.
Puis-je sortir en capital plutôt qu'en rente ?
Oui. C'est une nouveauté du PER : à la retraite, vous choisissez une sortie en capital (jusqu'à 100 %, en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou un mélange des deux.
Que devient mon PER en cas de décès ?
Le capital est versé aux bénéficiaires que vous avez désignés. Pour un PER assurantiel, la fiscalité de transmission est proche de celle de l'assurance vie et dépend de votre âge au moment du décès. Nous faisons le point selon votre situation.
Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil contractuel. Les garanties et leurs conditions figurent dans les documents contractuels Allianz. Document non contractuel.